La Cour de l'Ontario rejette la contestation constitutionnelle des droits des Autochtones sur le cannabis
Dans le cadre d'une contestation judiciaire ayant des répercussions sur la vente au détail de cannabis sur les terres des réserves au Canada
Le cannabis n’est pas indigène au Canada et qu’il n’existe aucune preuve
qu’une Première Nation l’ait cultivé, utilisé ou commercialisé avant l’arrivée des Européens *.
La Cour de l'Ontario rejette la contestation constitutionnelle des droits
des Autochtones sur le cannabis
https://www.canlii.org/en/on/onsc/doc/2026/2026onsc63/2026onsc63.html
24 avril 2026| David Brown
Dans le cadre d'une contestation judiciaire ayant des répercussions sur la
vente au détail de cannabis sur les terres des réserves au Canada, la Cour
supérieure de justice de l'Ontario a rejeté, plus tôt cette année, une
contestation constitutionnelle déposée par quatre membres des Premières
Nations Aamjiwnaang et Chippewas de Kettle et Stony Point, toutes situées en
Ontario.
Les quatre requérants ont été accusés, en vertu de la Loi sur le cannabis
fédérale, d'avoir exploité des commerces de détail de cannabis sans permis
sur leurs réserves. Ils ont fait valoir que l'exigence de permis fédéral
portait atteinte à leurs droits ancestraux, issus de traités et inhérents,
et que cette exigence violait leur droit au libre commerce, notamment en ce
qui concerne les médicaments à base de plantes comme le cannabis, sans
ingérence de la Couronne.
Le juge R. Raikes de la Cour supérieure de l'Ontario a examiné la
contestation constitutionnelle en analysant trois domaines clés du droit,
pour finalement les rejeter tous.
Le juge a qualifié de « totalement inadéquate » la revendication d’un droit
autochtone au libre-échange, y compris celui des plantes médicinales comme
le cannabis, pour établir un tel droit, puisque le cannabis n’est pas
indigène au Canada et qu’il n’existe aucune preuve qu’une Première Nation l’ait
cultivé, utilisé ou commercialisé avant l’arrivée des Européens. « Les
éléments sont insuffisants pour étayer ne serait-ce qu’un argument plausible
en faveur d’un tel droit autochtone », a écrit le juge dans sa décision
finale.
Il a également statué que même si le tribunal reconnaissait l'existence d'un
droit autochtone de commercer du cannabis, celui-ci aurait pris fin en 1923
lorsque la vente de cannabis est devenue une infraction criminelle en vertu
du droit fédéral.
Le juge Raikes a également rejeté l’allégation des requérants selon laquelle
la Loi fédérale sur le cannabis violait leurs droits inhérents en tant que
personnes autochtones, y compris ceux découlant de la Déclaration des
Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIPA).
Extrait de cette décision :
« Je constate que la législation ne porte pas atteinte à leurs droits
inhérents en tant que personnes autochtones parce que :
La vente au détail ou le commerce du cannabis
ne présentent rien d'intrinsèquement autochtone.
Le cannabis n’est pas une plante indigène du Canada. Il n’est pas une plante
essentielle à l’histoire et à la culture des Premières Nations auxquelles
appartiennent les requérants. De fait, les éléments de preuve ne permettent
pas d’établir un tel lien.
La vente ou le commerce de cannabis ne fait pas partie de l'identité
autochtone.
Il n'existe aucune preuve convaincante que l'obligation pour les demandeurs
de détenir une licence de vente de cannabis porte atteinte à leur identité
autochtone.
Le droit à l’autodétermination en tant que personne autochtone ne donne pas
carte blanche pour se livrer à n’importe quelle activité imaginable
simplement parce qu’elle se déroule dans une réserve.
L’obligation d’obtenir une licence pour exercer une activité économique
spécifique, en particulier une activité où la sécurité publique est une
préoccupation primordiale, ne restreint ni n’entrave de manière
significative le développement économique.
Avant cette contestation constitutionnelle, le juge Thomas J. a entendu le
procès des quatre hommes et a conclu que la Couronne avait prouvé les
accusations. La cour a toutefois reporté le prononcé de la sentence jusqu'à
ce que le différend constitutionnel soit réglé.
Cette contestation constitutionnelle étant maintenant rejetée, l’affaire a
été renvoyée à la prochaine Cour d’assignation pour fixer une date de
détermination de la peine pour les accusations portées en vertu de l’article
10(2) de la Loi fédérale sur le cannabis (possession illégale de cannabis
dans le but de le vendre).
La question de la compétence en matière de production et de vente de
cannabis au Canada est de plus en plus soulevée par certains exploitants et
dirigeants autochtones et des Premières Nations. Bien que les
réglementations fédérales et provinciales encadrent la production, la
distribution, la vente au détail et l'octroi de licences relatives au
cannabis, certains propriétaires d'entreprises et membres de la communauté
soutiennent que ces compétences ne s'étendent pas aux communautés des
Premières Nations, ou, dans certains cas, ne s'appliquent pas à toute
personne ayant un héritage autochtone au Canada.
En mars, une affaire concernant un homme mi'kmaq accusé de vente de cannabis
sans permis a été portée devant un tribunal pour contester la
constitutionnalité de l'affaire. Dans ce cas, un membre de la Première
Nation de Millbrook, en Nouvelle-Écosse, a fait valoir qu'il avait le droit
légal de vendre du cannabis dans les postes de traite établis par les
traités signés par les Mi'kmaq et la Couronne britannique au XVIIIe siècle.
Cet homme, Thomas Durfee, soutient que si sa contestation aboutit, cela
permettra à lui et à sa communauté d'établir un nouveau précédent quant à
l'application des droits issus des traités au cannabis. Il a également
rejeté une tentative du chef et du conseil de la Première Nation de
Millbrook visant à réglementer les entreprises de cannabis.
* Au Canada, les Autochtones utilisaient traditionnellement dans le calumet (pipe)
un type de tabac spécifique, souvent mélangé à d'autres herbes.
Le chanvre (cannabis) a été introduit au Canada par les colons européens dès le début du XVIIe siècle, notamment par Louis Hébert en 1606, principalement pour ses fibres destinées à l'industrie maritime.
Bien que sa culture ait débuté à cette époque, le cannabis comme substance psychoactive a été interdit en 1923.
Interdiction sans débat : L'ajout du cannabis à la liste des drogues prohibées s'est fait
sans réel débat parlementaire ni analyse approfondie de sa puissance ou de sa dangerosité.
Voici les points clés de l'histoire du cannabis au Canada :
17e Siècle (Introduction) : Les explorateurs et colons français et britanniques, dont Louis Hébert, ont introduit le chanvre pour la production de cordages et de toiles.
Quel était le taux de THC du chanvre du 17e Siècle au Canada
importé par les explorateurs et colons français et britanniques ?;O)
Cannabis importés en France et en Grande Bretagne par les/des esclaves !
La France et la Grande-Bretagne ont été des acteurs majeurs de la traite atlantique
et de l'esclavage colonial entre les XVIIe et XIXe siècles,
basés sur le commerce triangulaire pour les plantations sucrières.
Utilisation Médicale (Fin 19e) : L'usage médical était documenté, par exemple par l'Association médicale de la Nouvelle-Écosse en 1897.
Bien que le chanvre fût cultivé dès 1606,
il est difficile d'attribuer son introduction à une seule personne,
car elle s'inscrit dans les pratiques agricoles des premiers colons.
Voici les éléments clés :
Nicotiana rustica : C'est l'espèce principale de tabac consommée, différente du tabac commercial moderne.
Le tabac était fréquemment mélangé à un mélange d'herbes appelé kinnikinnick,
qui pouvait inclure de l'écorce de saule rouge, des feuilles de busserole ou d'autres plantes locales.
Usage rituel : Fumer le calumet était une pratique spirituelle,
permettant de communiquer avec le Créateur ou le Grand Esprit via la fumée,
et scellait des alliances ou des traités de paix.
Tabac sacré : Le tabac est considéré comme une plante sacrée
pour offrir des remerciements, des prières et pour établir un lien avec le monde spirituel.
Contrairement à la croyance populaire,
il ne s'agissait pas d'une consommation récréative, mais d'un acte hautement symbolique et rituel.
Aujourd'hui la consommation récréative a dépassé celle la spiritualité ! Zappiste
Les peuples autochtones cultivaient le tabac au Canada
bien avant l'arrivée des Européens, l'utilisant comme plante sacrée.
Les colons français ont commencé à le cultiver commercialement au XVIIe siècle,
avec un essor au Québec vers 1735,
avant que l'Ontario ne devienne le principal producteur vers 1911.
Points clés de l'histoire du tabac au Canada :
Origine : La plante poussait à l'état sauvage
et était utilisée par les Premières Nations depuis des siècles avant la colonisation.
Début de la culture commerciale : Les colons français ont adopté la culture du tabac au XVIIe siècle,
et le gouvernement français a encouragé la production en 1735.














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