De l'escalade des drogues en passant par l'escalade des codes sanitaires

Gateway et ascension

Le cannabis a souvent été qualifier de Gateway, c'est-à-dire une drogue passerelle qui mènerait à d'autres, causant une forme d'escalade de consommation. L'ascension des codes sanitaires se présente comme une réponse analogue, la guerre contre la drogue étant le "Gateway" vers des mesures toujours plus liberticides. Cette guerre justifie la violation de la vie privée par l'État, sans pour autant mettre fin aux marchés clandestins et à l’insécurité. Une croisade qui s'apparente davantage à une jurisprudence sur les mesures à prendre pour contraindre les individus aux didacts de la Sûreté, qu'à une cause sanitaire. De la prohibition de la drogue à la prohibition de la danse et du karaoké, il ne reste qu'à prohiber l'activité humaine au nom de la vie.

Au fond, le Ministère de la santé agit comme un socle sur les dogmes économiques ultra-libéraux, il asphyxie toute forme de débat sous couvert de valeurs sociales et scientifiques. Alors que les accords de l'OMC permettent une quasi liberté absolue pour les entreprises, le Ministère de la santé assure un contrôle serré de la population. Pendant que l'industrie s'accapare les ressources et les richesses, la population est prise en otage.

Comme veut l'adage, privatiser les gains et socialiser les pertes, telle est la loi de l'économie contemporaine.
À problème politique, solution politique.

Engagez vous! DEVENEZ MEMBRE!.
- Benjamin Vachon

*Note, Vitrine linguistique

Le danger d'une escalade est peut-être l'argument le plus souvent cité par les partisans d'une stricte répression de l'emploi de psychotropes tels que la marihuana. En fait, rien ne permet de prouver l'existence d'un tel processus d'escalade. Il est évident qu'un héroïnomane a le plus souvent utilisé des produits moins dangereux avant de s'installer dans l'héroïnomanie, tout comme un alcoolique buvait auparavant du lait ou de l'orangeade; en déduire un rapport de causalité n'est pas autorisé pour autant; les faits suggèrent d'ailleurs que si une escalade se produit parfois, c'est très rarement. En effet, la plupart des utilisateurs de psychotropes tels que les psychédéliques se gardent bien de passer à l'injection par voie intraveineuse d'héroïne ou d'amphétamines; d'une part, ils connaissent habituellement très bien les dangers de celles-ci et en ont très peur; d'autre part, ils trouvent une satisfaction psychique suffisante dans les psychotropes qu'ils utilisent. Ajoutons aussi que la personnalité du consommateur et son contexte social et familial - tout comme très probablement certaines caractéristiques individuelles du métabolisme - interviendront pour une large part dans le choix ou le rejet de telle substance psychoactive. On peut d'ailleurs se demander dans quelle mesure la consommation de psychédéliques ne freine pas davantage qu'elle ne favorise le passage aux opiacés. Si des psychédéliques n'étaient pas disponibles, leurs utilisateurs ne seraient-ils pas souvent tentés de chercher des gratifications analogues à l'aide de psychotropes plus toxiques?


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