Des vapoteuses de wax qui rendent accro

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1946909/vapoteuses-wax-thc

« Je crois que nous devrions légaliser ces vapoteuses. On pourrait mieux contrôler le produit et réguler le commerce, au lieu de laisser ça au marché noir. Ça permettrait de faire plus d’éducation aux consommateurs et s’assurer d’avoir des taux de THC beaucoup plus bas. » — Une citation de Jean-Sébastien Fallu

Des vapoteuses de wax qui rendent accro
Depuis quelques années, les adolescents consomment de la wax, une huile de
cannabis à haute teneur en THC. Pourtant illégale, elle est vendue sur
Internet dans des vapoteuses qui ressemblent à s’y méprendre à des
vapoteuses de nicotine.

Une main tient une vapoteuse à la bouche.
La wax, une huile de cannabis, est en forte demande chez les jeunes.

PHOTO : RADIO-CANADA

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Nancy Desjardins (accéder à la page de l'auteur)
Nancy Desjardins
Publié à 4 h 00
Nous avons rencontré une mère dont le fils de 15 ans consomme de la wax
depuis un an et demi. Pour protéger son identité, nous l’appellerons
Brigitte. Son fils achète des vapoteuses de wax dans la rue ou sur Internet
au coût de 40 $ pour 100 doses.

Depuis qu’il consomme, Brigitte ne reconnaît plus son fils. Auparavant, il
était un adolescent studieux, calme et très actif. Aujourd’hui, il est
violent.

« Il varge dans les murs, il crie. La première crise est arrivée, il y a eu
bousculade avec papa. Il était complètement disjoncté. Je n’avais aucun
contrôle dessus. J'ai dû contacter la police trois fois depuis les six
derniers mois pour l'apporter à l'hôpital. »

— Une citation de Brigitte
La wax est vendue dans des vapoteuses préremplies. Cette drogue est 15 fois
plus forte que dans les années 1970. Bien qu’illégales aux pays, ces
vapoteuses s’adressent directement aux jeunes et sont vendues sur Internet
avec une facilité déconcertante.

Les jeunes n’ont qu’à indiquer qu’ils ont plus de 19 ans. Elles sont livrées
par la poste sans aucun problème.

La Dre Marie-Eve Morin est stupéfaite de constater qu'il est facile de s’en
procurer et que l’on vise directement les jeunes par l’emballage et les
saveurs.

Portrait de Marie-Eve Morin
Pour la Dre Marie-Eve Morin, le cannabis n’est pas une drogue douce, car le
THC qu’il contient est un psychotrope extrêmement puissant.

PHOTO : RADIO-CANADA

« Ça arrive dans des petits crayons à saveur de Smarties, M&M, bubble gum,
et ça goûte les fruits. Et ça coûte 40 dollars pour une centaine de doses,
donc c'est du pot prêt à porter. »

— Une citation de Dre Marie-Eve Morin, médecin de famille œuvrant en santé
mentale et en dépendances
Le professeur Jean-Sébastien Fallu qui a fondé GRIP, un organisme
communautaire aidant les jeunes toxicomanes, n’est pas surpris que l’on
cible les jeunes.

« Miser sur les saveurs, les couleurs et l’emballage font partie des
stratégies qui fonctionnent très bien. Scientifiquement, c’est prouvé et c’est
très décrié en santé publique. »

— Une citation de Jean-Sébastien Fallu, professeur agrégé, Université de
Montréal
C’est pourtant formellement interdit au Canada de cibler les jeunes dans la
Loi sur le cannabis.

Un jeune consommateur et vendeur de wax a accepté de nous parler. Il admet
que ses saveurs préférées sont le melon d’eau et les biscuits à la crème. Il
affirme que la popularité ne cesse de croître.

J’ai commencé à en vendre à la fin du secondaire trois et je me faisais
texter toute la journée. Les jeunes, on en a tous une dans nos poches.

Tant par leurs saveurs que par leurs emballages, ces vapoteuses sont très
attrayantes pour les jeunes.
Des vapoteuses de cannabis ou « wax pen », provenant de différents
fournisseurs.

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Une douzaine de vapoteuses de six marques différentes ont été envoyées à un
laboratoire spécialisé afin de connaître leur teneur en THC, l’élément qui
produit l’effet psychotrope. Les résultats oscillent entre 32 % et 87 %.

Ces vapoteuses proviennent de trois entreprises canadiennes : Mohawk
Medibles et ZeroSeven, de l’Ontario, et Restigouche cannabis du Québec. Les
trois entreprises ont refusé de répondre à nos questions.

Des vapoteuses achetées par des consommateurs promettent un taux de THC
entre 97 % et 99 %, ce qui inquiète les experts rencontrés, dont le pédiatre
Nicholas Chadi.

« À l'adolescence, le cerveau est très vulnérable aux effets du cannabis.
Certains jeunes rencontrés présentent de l’anxiété très sévère et parfois
entendent des sons ou des voix. C’est des signes avant-coureurs d’une
psychose. »

— Une citation de Nicholas Chadi
Et le travail des policiers n’est pas simple, puisque ces vapoteuses sont
inodores et ressemblent à s’y méprendre à des vapoteuses de nicotine.

« Pour que les policiers puissent les saisir, il faut qu’ils aient un motif
raisonnable de penser que le jeune vapote de la wax. Si tu n’as pas
d'analyse qui le confirme, tu ne peux pas la saisir. Donc, ce n’est pas
juste des soupçons ou une intuition, et ça, les vendeurs le savent. »

— Une citation de Me Roxanne Hamelin, criminaliste
Portrait du Dr Chadi
Selon le Dr Nicholas Chadi, les jeunes consommateurs peuvent développer une
psychose.

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« Je crois que nous devrions légaliser ces vapoteuses. On pourrait mieux
contrôler le produit et réguler le commerce, au lieu de laisser ça au marché
noir. Ça permettrait de faire plus d’éducation aux consommateurs et s’assurer
d’avoir des taux de THC beaucoup plus bas. »

— Une citation de Jean-Sébastien Fallu

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