Les décès liés aux stimulants (hors cocaïne) ont bondi de 305 % au Québec

Quelle est l’ampleur des surdoses par psychostimulants dans la province ? Impossible à dire !

Et l'ampleur des surdoses mortelles ? Zappiste

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) attend que toutes les investigations du coroner
aient été terminées avant de rendre publiques ces données, « ce qui peut prendre des années »,
a confirmé le conseiller en communication de l’Institut, Aurèle Iberto-Mazzali.

Ce délai peut nuire à la prévention des surdoses sur le terrain, affirment des organismes.

La consommation d'amphétamines et de méthamphétamines au Québec
touche une faible portion de la population générale, mais connait des hausses marquées de méfaits
et d'utilisation de formes cristallines dans certaines régions selon le Ministère de la Santé et des Services Sociaux.

Une intoxication à un stimulant – comme la méthamphétamine ou la cocaïne
– se traduit généralement par un problème cardiaque * qui peut être fatal.

Santé
Surdoses liées aux stimulants Combattre une crise sans données adéquates

PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES LA PRESSE

Entre 2010 et 2020, les décès liés aux stimulants (hors cocaïne) ont bondi de 305 % au Québec,
passant de 19 en 2010 à 77 en 2020, selon les données du Bureau du coroner obtenues par La Presse.

Quelle est l’ampleur des surdoses par psychostimulants dans la province ? Impossible à dire. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) n’a pas publié de données sur ces décès depuis 2020. Et ce, même si les intoxications dues à ces drogues ont triplé dans la dernière décennie au Québec, selon des données du Bureau du coroner obtenues par La Presse.

Mis à jour le 15 déc. 2023

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Lila Dussault

La Presse
En avril 2022, un homme de 69 ans s’effondre à la sortie de sa maison de chambres à Québec, demandant à l’aide. Son décès est constaté à l’hôpital. En mai, dans la même ville, une femme de 59 ans se plaint de violentes douleurs au dos. Elle perd connaissance dans le portique de son immeuble, en compagnie d’un ami et de deux voisines. Malgré toutes les manœuvres de réanimation cardiaque, elle meurt à l’hôpital.

En juillet, à Trois-Rivières, un homme de 42 ans sans antécédents médicaux connus est retrouvé mort chez lui par des proches. En août, à Sept-Îles, un quinquagénaire s’écroule alors qu’il participe à une fête, autour d’un feu de camp.

Tous ces décès ont en commun d’avoir été causés par une surdose à la méthamphétamine, une drogue stimulante de plus en plus fréquente au Québec, selon les rapports du coroner consultés par La Presse.

Mais si on n’épluche pas un à un les rapports du coroner, il faudra encore attendre jusqu’à 2024 pour avoir un portrait complet des décès liés aux stimulants au Québec pour l’année… 2021.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) attend que toutes les investigations du coroner aient été terminées avant de rendre publiques ces données, ce qui peut prendre des années, a confirmé le conseiller en communication de l’Institut, Aurèle Iberto-Mazzali.

Ce délai peut nuire à la prévention des surdoses sur le terrain, affirment des organismes.

Une hausse marquée
Une intoxication à un stimulant – comme la méthamphétamine ou la cocaïne – se traduit généralement par un problème cardiaque qui peut être fatal. Et aucun antidote ne permet de contrer ses effets.

Ces surdoses sont pourtant en hausse, au même titre que celles dues aux opioïdes.

Entre 2010 et 2020, les décès liés aux stimulants (hors cocaïne) ont bondi de 305 % au Québec, passant de 19 en 2010 à 77 en 2020, selon les données du Bureau du coroner obtenues par La Presse.

Une augmentation de 305 % attire plus de click que 7,1 par année !
77 surdoses en 10 ans ce n’est que 7,1 surdose par année.

Ce ne sont pas 305 % d’augmentation de surdoses « mortelles directe » !

Moins que les surdoses d’alcool !
Les urgences du Québec reçoivent en moyenne 54 visites « par jour » liées à l'alcool.
La prise en charge implique une période de dégrisement sous surveillance,
l'administration de médicaments (comme des benzodiazépines) pour le sevrage,
et le traitement des complications (coma, blessures).
Il n'existe pas d'antidote rapide, le foie doit éliminer l'alcool.

Une augmentation de 305 %

Les surdoses liées à la cocaïne se sont aussi amplifiées pendant la même période, passant de 44 décès en 2010 à 105 en 2020, une hausse de 139 %.

Quant aux surdoses liées aux opioïdes, elles ont aussi connu une forte hausse de 208 %, passant de 73 en 2010 à 225 en 2020.

Des données absentes
Quelle est l’ampleur des surdoses par stimulants dans la province cette année, en 2023 ? Impossible à dire. Les données sur les surdoses suspectées au Québec, mises à jour par l’INSPQ tous les trois mois, se concentrent principalement sur les opioïdes.

Cette vigie suit l’évolution des intoxications suspectées dans la province en les séparant en trois catégories : les surdoses liées au fentanyl, celles liées aux opioïdes à l’exclusion du fentanyl, et celles dues à toutes les autres drogues ou tous les médicaments confondus.

Or, cette troisième catégorie compte plus de la moitié des surdoses suspectées de la province entre juin 2022 et juin 2023 – soit 211 sur 418 –, selon la dernière mise à jour de l’INSPQ.

Questionné pour avoir plus d’informations sur les substances retrouvées dans cette troisième catégorie, l’INSPQ a indiqué à La Presse que ces renseignements « ne sont pas disponibles ».

Le portrait pourrait toutefois changer, car « des travaux sont en cours pour l’ajout de détails sur la présence d’autres substances, telles que les stimulants », a précisé M. Iberto-Mazzali.

Cette absence de données se répercute dans le portrait pancanadien des surdoses. Dans le dernier rapport de l’Agence de la santé publique du Canada, les données sur les décès liés aux stimulants n’étaient pas disponibles pour le Québec de 2021 à 2023, contrairement à celles d’autres provinces.

Consultez le rapport de l’Agence de la santé publique du Canada
Des données qui pourraient sauver des vies
Connaître plus rapidement le nombre de décès suspectés en raison d’autres drogues que les opioïdes, comme les stimulants, pourrait pourtant sauver des vies, estime Martin Pagé, directeur général de l’organisme montréalais Dopamine.

« Par exemple, là, on travaille pour ouvrir des salles d’inhalation supervisée, mais on n’a pas beaucoup de données sur la consommation de stimulants », illustre-t-il.

Le crack et la méthamphétamine sont souvent consommés par inhalation, mais il n’existe pas encore de centre d’inhalation supervisée à Montréal.

Le tout premier, porté par l’organisme communautaire Benoît Labre dans l’arrondissement du Sud-Ouest, a récemment reçu l’autorisation pour ouvrir ses portes en janvier 2024.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

Martin Pagé, directeur général de l’organisme Dopamine

Avoir plus de données permettrait aussi de mieux cibler les gens à risque de surdose, ajoute M. Pagé.

« On sait très bien que ce sont souvent des gens en situation précaire, il y en a qui meurent seuls dans leurs logements, et il faudrait être capable d’aller rejoindre ces communautés-là avec de la prévention efficace », estime-t-il.

Des données d’autant plus importantes qu’au Québec en général, et particulièrement à Montréal, « ce sont les stimulants qui sont consommés en très grande quantité », rappelle Andrée-Anne Parent, professeure de travail social à l’Université de Montréal.

On parle encore de crise des opioïdes, mas tout indique que ce n’est pas la bonne lunette à prendre pour la situation au Québec.

Andrée-Anne Parent, professeure de travail social à l’Université de Montréal

En attendant, la crise continue à prendre de l’ampleur dans les rues.

Pour Jean-François Mary, directeur de l’organisme Cactus au centre-ville de Montréal, le Québec devrait s’inspirer de la Colombie-Britannique. « Là-bas, ils financent des coroners qui travaillent spécifiquement sur les surdoses et qui mettent les données à jour mensuellement, note-t-il. Ça a changé la donne sur le terrain. »

Commentaires

* Se traduit généralement par un problème cardiaque

* Se traduit généralement par un problème cardiaque

Les amphétamines, peanuts, d'aujourd'hui ne sont pas celles de vos grands-parents !

Amphétamines/Méthamphétamines (cocaïne des pauvres) :
Des drogues pour allonger le party et travailler plus longtemps !
Ils ont rendu le sourire aux impactés lors de la grande dépression.

Leur usage entraîne une tachycardie sévère et une hypertension qui, à terme,
peuvent « affaiblir le muscle cardiaque et mener à une insuffisance cardiaque fatale ».

La méthamphétamine
Méthodes de production de méthamphétamine

Réduction de l'éphédrine/pseudoéphédrine
Acide iodhydrique/phosphore rouge .
Les principaux produits chimiques sont l'éphédrine ou la pseudoéphédrine,
l'acide iodhydrique et le phosphore rouge.
Cette méthode permet d'obtenir plusieurs kilos de d-méthamphétamine de haute qualité.

MDMA (Ecstasy) :
Cette substance provoque des hausses de la pression artérielle
et « des troubles du rythme cardiaque potentiellement mortels ».

Opioïdes :
Ces substances agissent principalement sur le système respiratoire,
mais une surdose « peut entraîner un arrêt cardiaque » consécutif à une dépression respiratoire sévère.

Tabac cancérigène :
Le tabac « affaiblit le muscle cardiaque et augmente le risque d'insuffisance cardiaque »
en provoquant une vasoconstriction, une inflammation des artères et l'accumulation de plaques.

Alcool cancérigène :
L'alcool en excès fatigue gravement le cœur, provoque l'hypertension
et « peut causer ou aggraver une insuffisance cardiaque ».

Cannabis sans dose ni surdose létale (DL50) :
Aucune « expérience sur des humains » double aveugle n'a prouvé
qu'il causait, pouvait causer des cancers direct des poumons et/ou autres !

Il peut augmenter la fréquence cardiaque et favoriser des arythmies ou des complications cardiovasculaires,
« surtout chez les consommateurs excessifs, des individus présentant des fragilités préexistantes ».

Combien parmi les centaines de milliers de consommateurs de médical légal depuis 25 ans
qui en consomment une fois et plusieurs fois par jour donc excessivement
ont eu des complications cardiovasculaires ?

Consommateur excessif cannabis :
Il n'y a pas de dose officielle unique pour définir l'excès,
mais la consommation régulière au moins une fois par semaine
ou quotidienne est considérée comme « excessive ».

Tabac consommateur excessif :
Régulier 1 à 3 par jour. Excessif plus de 20 cigarettes par jour.

Anciennement Alcool consommateur excessif :
On parle de consommation excessive d'alcool au-delà de 2 verres par jour pour les femmes
et de 3 verres par jour pour les hommes,
ou lors d'une alcoolisation ponctuelle importante (cinq à six verres ou plus en peu de temps).

Aujourd'hui la recommandation sécuritaire est de
2 verres semaine pour les femmes et 3 verres semaine pour les hommes.

Rappelons qu'au Yukon ils ont apposé des étiquettes très visible sur les bouteilles d'alcool
pour avertir les consommateurs que l'alcool causait des cancers !
Il n'a fallu que 21 jours avant que les producteurs riches et puissants
de produits cancérigène, addictif et mortels ne menace le gouvernement de poursuite.
Rapidement des chercheurs ont fait une étude/sondage pour mesurer
si ces étiquettes avaient eu un effet positif sur les consommateurs.
Résultat diminution de 7 % de consommation.

Le gouvernement du Yukon n'a pas été formellement poursuivi en justice,
mais il a suspendu en janvier 2018 une étude sur les étiquettes d'avertissement
à la suite de fortes pressions et de menaces de poursuites judiciaires de l'industrie de l'alcool,
« pour diffamation et violation de droits d'auteur ».

Suspension :
Face à la peur d'un recours judiciaire, le territoire a brièvement retiré les étiquettes sur le cancer.

Contexte de la controverse
L'expérience :
En novembre 2017, le Yukon a lancé un projet pilote pour apposer des étiquettes colorées sur les bouteilles d'alcool.

Le message :
Ces autocollants avertissaient des risques de cancer, des dangers pendant la grossesse
et de l'importance des directives sur la consommation d'alcool.

La menace :
Les associations de l'industrie et des producteurs locaux ont contesté la légalité de la mesure
et brandi la menace de poursuites pour diffamation et violation de droits d'auteur.

Dénouement
Suspension :
Face à la peur d'un recours judiciaire, le territoire a brièvement retiré les étiquettes sur le cancer.

Reprise modifiée :
L'étude a repris par la suite, mais en adaptant les messages pour éviter le conflit direct
tout en mesurant l'impact comportemental de la prévention.

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